DEUTSCH |  ENGLISH |  FRANÇAIS |

Les points communs des cultures

SECTION:

La philologie nationale ne veut plus dire grand'chose. Le projet de littérature universelle dans la perspective des études culturelles

Responsable de la section/S'inscrire pour une communication auprès de:
Email: Peter Brandes (Hambourg)

ABSTRACT: Le monde dit global nous fournit presque quotidiennent de la littérature universelle. Au moyen de la littérature, les littératures nationales les plus variées, déterminées par leur culture, deviennent de la littérature mondiale. Non seulement les lecteurs connaissant la langue d'origine peuvent participer à l'événement culturel qu'est la lecture de cette oeuvre mais aussi ceux des cultures les plus diverses, - même si ce ne sont tous. Dans le projet de littérature universelle, c'est la lecture et en même temps la traduction qui sont considérées comme les facteurs d'unité et d'affranchissement des cultures. Lire est la technique culturelle qui précède dans l'ordre naturel le phénomène de la littérature universelle. Mais sa véritable naissance est la traduction. Ce n'est pas la simple traduction d'une langue nationale dans une autre (p.ex.de l'allemand en français) mais bien la traduction de ce qui est étranger vers ce qui nous est propre qui inaugure le projet de littérature universelle.

C'est daans cette optique qu'il faut comprendre le bon mot de Goethe pour qui la littérature universelle signifie l'assimilation productive "des trésors étrangers", donc qui présuppose la lecture de littératures étrangères, si possible traduites. "J'aime jeter un coup d'oeil chez les autres nations et je conseille à chacun d'en faire autant." L'écriture littéraire conçue ainsi transporte une notion poétique de la traduction qui, reposant sur des textes historiques, rend possible une interaction des cultures sur le plan linguistique et littéraire (West-östlicher Divan). "La littérature nationale ne veut plus dire grand'chose, l'époque de la littérature universelle est arrivée et chacun se doit d'oeuvrer à accélérer cette époque." Cette assertion faite à Eckermann ne sonne plas le glas des littératures nationales mais elle en relativise le statut face à une littérature marquée par "l'enrichissement de trésors étrangers".

Il existe une analogie à la critique exercée par Goethe à propos des littératures nationales dans le débat sur la nouovelle orientation des sciences de la littérature vers les sciences culturelles. Du point de vue du pronostic comparatiste et interculturel, la philologie nationale ne veut plus dire grand'chose. Bien sûr qu'une science de la littérature et de la culture conséquente n'implique pas forcément l'élimination de la germanistique ou d'autres philologies nationales.Dans la discussion sur l'avenir des sciences de la littérature, il faut néanmoins prendre au sérieux la fragilité des frontières entre les disciplines et considérer la littérature nationale dans sa culturalité et son historicité comme une littérature universelle, comme une traduction sous une forme ou l'autre.En effet, toute littérature de qualité se sert des connaissances culturelles emmagasinées daans les oeuvres littéraires. C'est pourquoi dans cette section, la notion de littérature universelle prànée par Goethe sera discutée en tant que perspective possible pour les sciences de la littérature du point de vue comparatiste, interculturel et des sciences culturelles.

LES POINTS COMMUNS DES CULTURES